Poèmes de Victor Hugo

Article édité le 05/02/2019

Victor Hugo est un poète connu de tous. Les enfants apprennent à l'école au moins une poésie de ce grand auteur et savent, dès leur plus jeune âge, reconnaître la beauté de ses vers puissants et sensibles. Nous vous proposons quelques poèmes de Victor Hugo, ainsi qu'une courte biographie de cette gloire de la littérature française.

Demain, dès l'aube

Ce poème émouvant et magnifique a été écrit par Victor Hugo en hommage à sa fille Léopoldine, qui mourut de noyage accidentelle alors qu'elle était jeune mariée.

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

"Ce siècle avait deux ans...."

Voici le célèbre poème où il évoque les circonstances de sa naissance, le 26 février 1802 :

Ce siècle avait deux ans ! Rome remplaçait Sparte,
Déjà Napoléon perçait sous Bonaparte,
Et du premier consul, déjà, par maint endroit,
Le front de l'empereur brisait le masque étroit.
Alors dans Besançon, vieille ville espagnole,
Jeté comme la graine au gré de l'air qui vole,
Naquit d'un sang breton et lorrain à la fois
Un enfant sans couleur, sans regard et sans voix ;
Si débile qu'il fut, ainsi qu'une chimère,
Abandonné de tous, excepté de sa mère,
Et que son cou ployé comme un frêle roseau
Fit faire en même temps sa bière et son berceau.
Cet enfant que la vie effaçait de son livre,
Et qui n'avait pas même un lendemain à vivre,
C'est moi. -
Je vous dirai peut-être quelque jour
Quel lait pur, que de soins, que de vœux, que d'amour,
Prodigués pour ma vie en naissant condamnée,
M'ont fait deux fois l'enfant de ma mère obstinée,
Ange qui sur trois fils attachés à ses pas
Epandait son amour et ne mesurait pas !
Ô l'amour d'une mère! amour que nul n'oublie !
Pain merveilleux qu'un dieu partage et multiplie !
Table toujours servie au paternel foyer !
Chacun en a sa part et tous l'ont tout entier !

Lorsque l'enfant paraît

Lorsque l'enfant paraît, le cercle de famille
Applaudit à grands cris.
Son doux regard qui brille
Fait briller tous les yeux,
Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être,
Se dérident soudain à voir l'enfant paraître,
Innocent et joyeux.

Soit que juin ait verdi mon seuil, ou que novembre
Fasse autour d'un grand feu vacillant dans la chambre
Les chaises se toucher,
Quand l'enfant vient, la joie arrive et nous éclaire.
On rit, on se récrie, on l'appelle, et sa mère
Tremble à le voir marcher.

Quelquefois nous parlons, en remuant la flamme,
De patrie et de Dieu, des poètes, de l'âme
Qui s'élève en priant ;
L'enfant paraît, adieu le ciel et la patrie
Et les poètes saints ! la grave causerie
S'arrête en souriant.

La nuit, quand l'homme dort, quand l'esprit rêve, à l'heure
Où l'on entend gémir, comme une voix qui pleure,
L'onde entre les roseaux,
Si l'aube tout à coup là-bas luit comme un phare,
Sa clarté dans les champs éveille une fanfare
De cloches et d'oiseaux.

Enfant, vous êtes l'aube et mon âme est la plaine
Qui des plus douces fleurs embaume son haleine
Quand vous la respirez ;
Mon âme est la forêt dont les sombres ramures
S'emplissent pour vous seul de suaves murmures
Et de rayons dorés !

Car vos beaux yeux sont pleins de douceurs infinies,
Car vos petites mains, joyeuses et bénies,
N'ont point mal fait encor ;
Jamais vos jeunes pas n'ont touché notre fange,
Tête sacrée ! enfant aux cheveux blonds ! bel ange
À l'auréole d'or !

Vous êtes parmi nous la colombe de l'arche.
Vos pieds tendres et purs n'ont point l'âge où l'on marche.
Vos ailes sont d'azur.
Sans le comprendre encor vous regardez le monde.
Double virginité ! corps où rien n'est immonde,
Âme où rien n'est impur !

Il est si beau, l'enfant, avec son doux sourire,
Sa douce bonne foi, sa voix qui veut tout dire,
Ses pleurs vite apaisés,
Laissant errer sa vue étonnée et ravie,
Offrant de toutes parts sa jeune âme à la vie
Et sa bouche aux baisers !

Seigneur ! préservez-moi, préservez ceux que j'aime,
Frères, parents, amis, et mes ennemis même
Dans le mal triomphants,
De jamais voir, Seigneur ! l'été sans fleurs vermeilles,
La cage sans oiseaux, la ruche sans abeilles,
La maison sans enfants !

Pour approfondir le sujet : redécouvrez les textes de Victor Hugo sur le site de la BNF, Gallica

Victor Hugo, un génie de la littérature française...

Victor Hugo est un écrivain aux multiples facettes, connu dans le monde entier pour son œuvre extraordinairement riche, et dont le génie s'est mis au service non seulement de la littérature, mais aussi des questions sociales et politiques.
A travers son œuvre profondément humaniste, Victor Hugo a dénoncé les injustices sociales, et a plaidé la cause des faibles et des pauvres, par exemple dans Les Misérables ou dans Notre Dame de Paris.
Républicain convaincu, il fut condamné à l'exil au lendemain du coup d'état de Napoléon III en 1851. Il trouva refuge principalement à Guernesey et ne revint en France qu'en 1870, au moment de la troisième république.
Chef de file du mouvement littéraire romantique en France, il écrivit de nombreux drames dont Hernani qui marqua la fin du classicisme, et le célèbre Ruys Blas.

Ecrivain véritablement complet, Victor Hugo fut également un poète extraordinaire. Sa poésie riche et féconde exprime aussi bien ses opinions politiques, ses élans passionnés que ses souffrances profondes. La douleur que lui infligea la perte de sa fille Léopoldine lui inspira un de ses plus beaux poèmes, Demain dès l'Aube. Et c'est au contraire les simples joies de la famille qui lui inspirèrent le recueil l'Art d'être grand-père.

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Commentaires sur cet article : 1 commentaires

Il faut que le poète

c'est pour l'ecole

Posté le : 09/01/2019 10:01:54 - Par : Victor Hugo

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